Tenter sa chance à l’étranger

12 août 2014
La France ne vous suffit pas. Jouez la carte internationale, un atout indispensable aujourd’hui pour tout jeune diplômé. Mais avant d’acheter un aller simple, lisez nos conseils.

Vous vous sentez pousser des ailes? N’hésitez plus. La mondialisation vous offre des perspectives autrefois inespérées. Mais l’enthousiasme ne doit pas vous faire perdre de vue certaines réalités. Partir n’est pas une solution de facilité, ni de rechange. Évaluez bien votre situation et vos objectifs avant de lever l’ancre. « Il faut se poser plusieurs questions avant, rappelle Christian Darantière, directeur délégué de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij). « Pourquoi ai-je envie de partir? Pour me forger une première expérience, parfaire une langue étrangère, initier une carrière internationale ? » Ce que vous mettrez en place par la suite dépendra de vos réponses. Interrogez-vous aussi sur le type de travail que vous voulez avoir, sur le climat, la vie familiale et sociale dans le pays où vous souhaitez aller. » Il faut aussi garder à l’esprit qu’une première expérience à l’étranger a rarement quelque chose à voir avec les postes futurs que vous occuperez. L’Association pour l’emploi des cadres offre une réunion de mobilité aux Bac +4/5. La vingtaine d’agences du réseau Espace emploi international de l’ANPE réparties sur le territoire français dispensent des sessions de sensibilisation à la mobilité internationale et des ateliers thématiques par pays. Vérifiez dans votre région les services offerts par l’antenne locale de ce réseau.

Bien préparer son départ

Avant de partir, explorez bien les ressources offertes en France sur la mobilité internationale. Internet est incontournable. Une intense session de recherche et de prise d’informations s’impose. Pensez à consulter les offres d’emploi affichées sur le site de l’Espace emploi international (www.emploi-international.org). Sur l’Apec.fr, vous trouverez aussi une rubrique internationale. L’Office des migrations internationales (www.omi.social.fr) et la Maison des Français de l’étranger (www.mfe.org) vous donneront un complément d’informations indispensables. Surfez avec rigueur sur ce site et n’hésitez pas à recourir au forum en ligne. Si vous avez des questions d’ordre pratique, vous pouvez les adresser à la foule d’internautes français vivant à l’étranger. L’expérience du terrain est incomparable, tirez profit des erreurs ou errances des autres pour éviter de les répéter. Les sites sur l’expatriation se multiplient, rappelez-vous que payer ne garantit en rien une qualité de service. Enquêtez sur le prestataire. Malgré tout, plusieurs sites de qualité vous attendent (www.teli.asso.frwww.careerbuilder.comwww.mondissimo.com,www.easyexpat.com…). Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent aussi un riche creuset d’emplois à l’international. Vous pouvez vous informer sur cette avenue auprès du Centre français du commerce extérieur (CFCE), ou de l’association Insert-Export (www.insert-export.com). Cette dernière peut vous mettre en contact avec des PME exportatrices. Les salons sont une autre source d’informations. Vous pouvez visiter le salon Avenir Export-Avenir Expat à Paris ou le Forum franco-allemand à Strasbourg (www.forum-franco-allemand.org).

Réussir son séjour

Vos prétentions pour un poste à l’étranger ne se justifient pas uniquement par vos diplômes. Vos expériences à l’international (échange Erasmus, stages à l’étranger, maîtrise de langues étrangères) sont des atouts certains. Votre candidature auprès de multinationales, de filiales françaises d’entreprises étrangères, des administrations servant à l’étranger ou des sociétés françaises exportatrices sera d’autant plus légitime. Un stage en entreprise étrangère peut renforcer vos prétentions. « J’ai fait un stage à La Presse grâce à l’Office franco-québécois pour la jeunesse, ce qui a facilité l’obtention d’un permis de travail. Après le stage d’un mois, ce quotidien montréalais m’a proposé de continuer à travailler pour eux », raconte Annabelle Nicoud, journaliste. Certains pays seront heureux de vous accueillir, mais le marché de l’emploi local exigera un engagement dans la durée. Un employeur peut vous offrir un poste moins important que celui auquel vous aspirez. Ne le rejetez pas d’entrée, vérifiez d’abord à quelle échéance vous pouvez évoluer. Cela peut être très rapide.

Revenir en France

Une fois sur place, le plus souvent, vous serez embauché en contrat local. Prenez garde aux surprises. Le droit du travail varie d’un pays à l’autre et les usages français n’ont plus cours à l’étranger. La préparation du retour est trop souvent oubliée par les expatriés. Ne commettez pas cette erreur. Gardez contact avec les personnes de votre réseau professionnel, même pendant votre séjour à l’étranger. Informez-les des évolutions de votre carrière et de vos intentions. Personne ne vous attend en France, alors sachez ne pas vous faire oublier.

Conseil d’expert

Comment trouver un emploi à Londres ?

Nicolas Metalnikoff est directeur du Centre Charles-Péguy à Londres, une association qui travaille à l’intégration des Français de 18-30 ans dans la capitale britannique « La première chose est d’avoir un bon niveau d’anglais. Sinon, vous avez très peu de chance de décrocher un emploi. Vous devrez aussi vous faire à l’idée de débuter dans un poste moindre que celui auquel vous prétendez. Les entreprises veulent s’assurer que vous ne repartirez pas en France tout de suite. Ne vous inquiétez pas, vous pouvez évoluer très vite. Ne cherchez pas de travail depuis la France, c’est inutile. Il faut être présent pour montrer votre motivation. Contactez aussi les agences de recrutement, et faites-vous des références locales en ayant des expériences à Londres, même pour de petits boulots. Les références comptent beaucoup ici. À Londres, on ne regarde pas les petits boulots avec la même condescendance qu’en France. Un employeur britannique n’y voit rien de dévalorisant. Prouvez votre volonté de travailler à Londres et l’on contactera votre employeur pour vérifier que vous êtes digne de confiance. »

Infos pratiques

À lire Les guides sur l’expatriation ne manquent pas. Il n’est pas toujours nécessaire de payer très cher pour avoir de l’information de qualité. Laurence de Percin vous propose son Partir Vivre et Travailler à l’étranger, chez l’éditeur Vuibert, pour 11,40 €. Il apporte différents éclairages à de nombreux aspects de votre projet d’expatriation.

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